Dans les jours qui viennent, ce blog va évoluer pour se transformer progressivement. Aujourd’hui un outil de campagne, il va devenir plus personnel et me sera utile dans le cadre de mon mandat municipal pour développer mes idées et rendre compte de mes prises de positions. Celles-ci concerneront la ville son développement et sa gestion, mais aussi tous les sujets du domaine sociétal.
Je voudrai profiter aujourd’hui de l’actualité avec le décès de Chantal Sébire, pour évoquer brièvement la question de l’euthanasie. Brièvement, car ce n’est pas en quelques mots que l’on peut argumenter un débat profondément philosophique et qui ressort des croyances et de l’éthique de chacun d’entre nous.
Dans cette affaire, plusieurs choses m’ont personnellement choquées. Il est dommage que dans ce pays, il faille systématiquement tout médiatiser pour être entendu et écouter. Nous vivons dans un monde de communication, mais jamais l’homme n’a été autant isolé, autant livré à sa propre souffrance et à son propre isolement. On peut désormais dialoguer avec la terre entière par internet, mais il est devenu de plus en plus difficile d’exprimer ses sentiments et sa souffrance à ses proches et à ses amis. Comment qualifier cette société qui ne place plus l’être humain au centre des préoccupations ?
J’ai aussi trouvé dramatique que cette femme en soit rendue à solliciter l’arbitrage du chef de l’Etat et des tribunaux pour obtenir le droit de mourir, comme Vincent IMBERT en son temps. Imaginer que le chef de L’Etat accorde à un homme ou à une femme le droit d’être euthanasié, n’est ce pas une conception très monarchique de son rôle qui lui donnerait en quelque sorte un « droit de mort » sur ses concitoyens ? Comment un tribunal pourrait il accorder ce droit d’être euthanasié donc de donner la mort alors la peine de mort n’existe plus qu’en tant que sanction pénale ? Tout ceci est incohérent en rapport à l’état d’esprit de notre société et son rapport aux pouvoirs.
Ceux qui réclament un réexamen en urgence de la loi LEONETTI ont raison sur le fond mais pas sur la forme. Sur le fond, il est nécessaire d’évaluer la loi et d’examiner sereinement si des adaptations sont nécessaires comme par exemple de donner à une haute autorité la possibilité de déroger à la loi dans des cas très exceptionnels. Mais sur la forme, le sujet est un sujet suffisamment sensible qui en appel à ce que nous avons d’encré au plus profond de nous : nos croyances, notre religion, notre philosophie et notre rapport à la vie et à la mort. Et dans ce domaine il est nécessaire pour le législateur de prendre le temps de la réflexion.
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